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  • Camille Basso

L’ancien directeur du Musée d’Art d’Orlando contre-attaque dans le cadre du scandale Basquiat

Poursuivi par le Musée d’Art d’Orlando pour avoir exposé des œuvres falsifiées de Basquiat, l’ancien directeur de l’institution, Aaron De Groft, contre-attaque en justice. Son action met notamment en avant des « commentaires diffamatoires » du conseil d’administration.

Musée d'Art d'Orlando, à Orlando (Crédit : OMA)
Musée d'Art d'Orlando, en Floride (Crédit : OMA)

En juin 2022, le FBI saisissait 25 œuvres présentées dans l’exposition « Heroes and Monsters : Jean-Michel Basquiat » du Musée d’Art d’Orlando. Ces peintures falsifiées avaient été mises en avant par le directeur de l’institution, Aaron De Groft. Or, le commissaire-priseur Michael Barzman avoua ensuite avoir créé lui-même les tableaux avec M. De Groft dans l’objectif de les exposer. M. Barzman plaida d’ailleurs coupable à des accusations fédérales de fausses déclarations, tandis que M. De Groft était licencié.


L’année suivante, le Musée d’Art d’Orlando a intenté une action en justice contre son ancien directeur. L’institution l’accusait d’avoir participé à une « vaste conspiration », d’avoir créé et sélectionné de fausses œuvres d’art et d’avoir accéléré leur exposition. Mais en novembre 2023, Aaron De Groft a déposé une demande reconventionnelle et allégué que le musée l’avait pris comme bouc émissaire. Selon lui, les tableaux de Basquiat sont authentiques et l’institution a usé de cette saisie pour le licencier. Le juge de Floride a rejeté cette première demande reconventionnelle, l’obligeant à en déposer une nouvelle en mai 2024.



Cette seconde plainte de M. De Groft met en avant de « fausses déclarations diffamatoires » du conseil d’administration du Musée d’Art, et notamment de son président Mark Elliott. De fait, M. Elliott témoignait en 2022 que « M. De Groft a abusé de sa position de confiance, a menti à quiconque mettait en doute la provenance de l'œuvre, a créé un climat de peur et d'hostilité au sein du personnel et a jeté l'opprobre sur notre communauté en organisant une exposition d'œuvres falsifiées. »  L’ancien directeur affirme que le conseil d’administration ment, agit de mauvaise foi et réclame désormais des dommages et intérêts de près de 300 000€.


De son côté, le Musée d’Art d’Orlando « nie avoir commis les actes illégaux allégués dans la demande reconventionnelle modifiée et nie que M. De Groft ait droit aux réparations demandées ». L’institution se défend fermement de la demande reconventionnelle de M. De Groft et assure que les « prétendues déclarations diffamatoires » sont, en réalité, « basées sur des informations véridiques » et qu’elles « ont été faites au cours du procès en cours et sont liées au litige du procès en question ». Dans un communiqué, le Musée précise que son ancien directeur ne peut prouver qu’il a subit un préjudice ni que l’institution a agi avec intention de lui nuire. A présent, les deux parties ont demandé à être jugées par un jury.


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