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  • Camille Basso

A Vannes, le château de l’Hermine dévoile ses premiers secrets historiques

Depuis février 2023, les archéologues de l’Inrap tentent de percer les secrets du château de l’Hermine, un édifice du XIVe siècle situé dans les caves de l’hôtel Lagorce à Vannes, en Bretagne. Au début de l’année 2024, ils ont pu dévoiler les premiers secrets de cette forteresse médiévale de Jean IV, duc de Bretagne.

Vue vers le sud-ouest du site de fouilles de Vannes (Crédit : INRAP)
Vue vers le sud-ouest du site de fouilles de Vannes (Crédit : INRAP)

Début 2023, la ville de Vannes a sollicité les archéologues de l’Inrap pour des fouilles préventives dans les caves et la cour de l’hôtel Lagorce, en amont de la construction d’un musée des Beaux-Arts. Dans le cadre de ces recherches, les spécialistes ont mis au jour les vestiges d’une forteresse médiévale édifiée au XIVe siècle, à l’initiative de Jean IV, duc de Bretagne.


Ces fouilles préventives ont notamment permis de dévoiler un logis ducal de l’époque médiévale, ayant une façade particulièrement décorée. « La façade du logis présente un bandeau mouluré sur tout son pourtour qui souligne le parti pris ostentatoire de l’édifice, tout comme le détail des décors retrouvés sur les piédroits des ouvertures ou encore sur les escaliers, » détaille le communiqué de l’Inrap. « L’ensemble présente un plan en « logis-porche » semblable à celui du château de Suscinio (Morbihan), demeure de plaisance des Ducs de Bretagne. Ce modèle se répand à partir de la seconde moitié du XIVe siècle. »



Les archéologues ont également découvert un système hydraulique ingénieux, qui permettait aux habitants de la forteresse d’acheminer leurs eaux usées plus rapidement. Ainsi, ils ont mis au jour un moulin intégré à l’espace résidentiel par le biais de la « tour carrée » du logis ducal. Malgré l’absence de la roue, les spécialistes ont pu aisément déterminer le fonctionnement du moulin au XIVe siècle et son importance pour la logistique du château. « Un canal passant sous l’édifice acheminait l’eau de la Marle pour actionner la roue. […] L’évacuation de l’eau vers la douve, en aval de la roue, se faisait par une ouverture pratiquée dans la façade, dont la grille a été conservée, » précise le communiqué de l’Inrap.


Enfin, les fouilles de l’Inrap ont dévoilé de nombreux objets de la vie quotidienne de cette forteresse médiévale. Les archéologues ont notamment trouvé des bijoux, des pièces de monnaie, de la vaisselle, du mobilier, des épingles, des boucles de chaussures et de vêtements, mais aussi des clés et des cadenas. Ces artefacts ont tous été remarquablement conservés au fil des siècles, un véritable atout pour les recherches et analyses à venir.

Fouilles dans les douves du château de l'Hermine (Crédit : INRAP)
Fouilles dans les douves du château de l'Hermine (Crédit : INRAP)

Selon les archéologues, le château de l’Hermine représente une grande cohérence architecturale et démontre le prestige de ses habitants. « L’homogénéité des matériaux utilisés pour la construction du château et la standardisation des modules montrent une maîtrise de la gestion du chantier tout au long de la chaîne opératoire, de l’extraction de la pierre à sa mise en œuvre. […] La construction de l’édifice s’est déroulée en une seule phase, ce qui témoigne de l’importance des moyens financiers et humains utilisés. Les vestiges indiquent que Jean IV a su s’entourer des meilleurs ingénieurs et artisans de l’époque, » conclue le communiqué de l’Inrap.


Le château de l’Hermine, oublié pendant plus de 300 ans

En avril 1365, Jean IV de Montfort devient duc de Bretagne, à la fin de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365). Très vite, il initie la construction de plusieurs forteresses afin d’asseoir son autorité sur le territoire. L’une d’entre elles, le château de l’Hermine, est édifié à Vannes, à sa propre gloire. Plutôt ostentatoire, l’édifice devient rapidement la résidence favorite de Jean IV de Montfort et est occupé pendant plus d’un siècle.


Dans les années 1470, toutefois, le site est délaissé au profit du château de Nantes, particulièrement apprécié par François II de Bretagne. Ce dernier a d’ailleurs sollicité une reconstruction de l’édifice de Nantes, qu’il estimait alors en décadence. De son côté, le château de l’Hermine est abandonné entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. De plus, le manque d’archives et de sources sur son existence a longtemps empêché les archéologues de reconstituer son plan exact ou d’effectuer des recherches à son sujet.

Dans les prochains mois, une modélisation 3D de ce prestigieux édifice devrait être effectuée afin de lui rendre toute sa superbe.



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